Peindre ou ne
pas peindre, telle était encore la question à la fin du siècle
dernier quand Philippe Albin, artiste autodidacte assumait
crânement sa position de peintre de chevalet.
Aujourd’hui qu’un
soi-disant consensus semble faiblir, et que ce genre de questionnement
relève de l’anachronisme, il est jubilatoire de montrer 30
ans de son travail.
Philippe Albin,
né en 1954, pratique depuis la fin des années 1970, avec une
assurance calme, le dessin et la peinture à l’huile. Dans
un atelier retiré des confins de la Beauce il trace une ligne
qu’il sait légitime. Il y a une fonction allégorique dans
son acte de peindre, qui témoigne de l’inoxydable vitalité
de la peinture.
Autodidacte donc,
formé au contact des maîtres du 19ème siècle qu’il
fréquente lors de leur redécouverte institutionnelle des années
1970 et 80, Albin saura s’affranchir de leur influence pour
concevoir une œuvre indépendante, comparable à nulle autre,
audacieuse dans son inspiration comme dans sa réalisation.
D’un « faire »
résolu mis au service d’un répertoire de sujets obsédants
(vanités, sublime, nature…) il résulte une peinture métaphysique
qui trouble le spectateur le plus distrait. S’il sait se mesurer
avec humilité aux grandes symboliques de son art (le Saint-Sébastien,
les tournesols) il peut aussi s’attacher aux motifs les plus
minces, dépourvus d’effet ou s’immerger dans le paysage pour
en exacerber « la fenêtre albertienne ».
Philippe Albin
n’est pas un gros producteur de tableaux, son approche est
réfléchie, sa pratique lente car exigeante ; le corpus de
son œuvre (tableaux et dessins) n’est donc composé que de
quelques centaines de pièces seulement. Suivi par une famille
de collectionneurs avertis, Philippe Albin a plusieurs fois
exposé à Paris dès les années 1980, et c’est une belle opportunité
de pouvoir montrer 75 numéros pendant plusieurs semaines cet
automne à la galerie Livet.
Si l'on excepte
les deux autoportraits du début de son travail, toutes les
œuvres sont présentées à la vente pour le plaisir des amateurs.